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introduction à la vision taoïste et à la médecine traditionnelle chinoise

Avant propos

Lorsque j’ai rencontré la médecine traditionnelle chinoise, il y a près de 20 ans, j’ai été profondément impactée par sa vision holographique et fractale.
C’était la première fois qu’une philosophie intégrative et holistique me parlait autant.

Parce qu’elle était simple et permettait également une approche du complexe, le tout en mouvement.

La vision qui se cache derrière la médecine chinoise est celle du taoïsme. Et c’est précisément cette vision, cette façon de voir le monde qui m’a transformée à jamais. En réalité, je ne le savais pas encore, mais mon cerveau fonctionnait déjà comme ça.

Ces éléments de perception, ces grilles de lecture – comme je les appellerai tout au long de ces lignes – sont des systèmes fractals et sont une façon de percevoir le monde.

Les principes du taoïsme ne sont pas religieux, du moins pas à son origine.

Le tao, comme d’autres approches orientales, propose comme constante de la réalité que tout change tout le temps. Si la réalité n’est peut-être pas saisissable, le changement en est néanmoins la constante. C’est ce que les taoïstes ont observé. Ce sont les changements eux-mêmes qu’ils ont étudiés et codifiés afin d’appréhender le monde des phénomènes.

Au travers des notions qui vous semblent connues comme le Yin et le Yang, ou les 5 éléments, je vous propose de redécouvrir ces éléments exotiques pour ce qu’ils sont vraiment, des grilles d’observation des mouvements de la réalité.

Interconnexion vivante

Voir le monde en arborescence, c’est ce qui a permis un apaisement profond pour moi. Mon cerveau percevait déjà le monde ainsi et comme toutes personnes à hauts potentiels, j’avais un élan viscéral de tout interconnecter, de tout mettre en lien et en arborescence pour répondre à la complexité du monde.

Cette vision holographique et fractale, propose d’observer le monde sans séparations entre les choses. Qu’il n’y a nullement besoin de cloisonnement entre les phénomènes pour les appréhender. Et ceci est particulièrement innovant lorsque l’on parle de l’être humain.

Dans la vision de la médecine chinoise, il n’y a pas d’état de santé comme il n’y a pas réellement non plus de maladie. Il y a des successions de changement, parfois emprunt d’équilibre parfois en déséquilibre. On parlera plutôt de blocage, de manque de circulation.

Introduction

La philosophie taoïste est une vision qui émerge de l’observation du vivant, la médecine chinoise qui en est un prolongement, l’est aussi.

Contrairement à notre médecine occidentale, qui est née des champs de batailles, de l’observation et la dissection de corps inertes. C’est une démarche tout à fait intéressante également. Loin de moi de poser une échelle de valeur absolue. Chacune de ces médecines ayant ses spécificités, ses avantages et ses inconvénients, selon les objectifs que l’on peut avoir.

Si l’on observe la nature, l’on constate que tout change tout le temps. Les saisons se succèdent, ce qui était graine grandit, fleurit, apporte ses fruits. Les animaux donnent naissance à des générations qui se suivent. C’est le cycle du vivant.

Ce mouvement perpétuel s’observe à toute échelle, les mouvements des planètes autour des étoiles, des galaxies, dans l’univers.

Mais aussi, dans notre corps. La valse continue des cellules, de renaissance et de mort. Les mouvements de notre respiration, tout est cycle. Nous vivons dans un monde cyclique en mouvement continu.

L’impermanence est la constante du vivant et s’exprime dans le changement et le mouvement.

Ainsi, si tout change tout le temps, les taoïstes ont choisi d’observer le monde et ses mouvements. Ils ont décrit les mouvements du changement. Il les ont classifié, ordonné et simplifié – non pas afin d’en faire un dogme – mais pour en faire un outil de perception de la réalité et d’objectivation des mouvements et des changements à l’oeuvre dans le vivant.

C’est une façon de voir le monde, de percevoir la réalité et de fait, une philosophie et non une religion.

Le tao comme grille de lecture du vivant

En observant les mouvements de la vie, les taoïstes ont observé qu’il y a des constantes dans le changement. Par exemple, le jour et la nuit se succèdent toujours. Pour autant, chacun pourra constater que la nuit n’arrive pas abruptement, ni le jour. Il existe un phénomène de changement, dans le phénomène. Ainsi, nous nommons « aube » le début du jour et « crépuscule », l’arrivée de la nuit.

Dans cet exemple, Le phénomène est binaire, il y a la lumière et son absence. Mais, le même phénomène comporte un micro-phénomène dans le phénomène. Ainsi pour parler du mouvement d’augmentation de la lumière et sa diminution, les taoïstes proposeront une grille de lecture basée sur un système binaire mais complémentaire et interdépendant, en occurrence le yin et le yang.

Ce que je tiens à vous faire saisir, car cela sera important pour la suite, est l’aspect absolument conscient de l’utilisation d’un code, d’une grille de lecture permettant d’objectiver les mouvements de changement du monde.

D’autre part, j’insisterai sur le système du yin et du yang car il est essentiel et ma fois bien mal compris en occident pour ce qu’il est réellement.

Le premier constat des taoïstes est de dire que nous vivons dans un monde polarisé. Qui présente en apparence un système binaire, dans le sens que chaque chose possède son contraire ou son opposé.

Il existe donc différentes grilles de lecture taoïstes qui sont comme des prismes. L’une sera particulièrement adaptée aux systèmes binaires – le Yin et le Yang – et d’autres seront adaptées pour d’autres bases, comme par exemple pour un système triple, ou quadruple.

Pour éviter de trop charger en information, je ne détaillerai pas toutes les grilles de lecture courantes dans la médecine chinoise, mais sachez juste qu’elles existent et qu’elles sont nombreuses.

Une histoire de polarité

Faisons un petit détour dans cette histoire de polarité afin de préparer le terrain pour la suite.

Nous vivons dans un monde polarisé. Tout existe de manière polarisée.

Le vivant a besoin de contraste.

Autant nos yeux sont conçus de manière à percevoir les contrastes de lumière, autant notre vie humaine a besoin de contraste. Sans la nuit, je ne peux pas envisager le jour et sa lumière. Sans le froid, je ne peux pas savoir ce qu’est le chaud. Sans l’harmonie, je ne peux pas reconnaître le chaos.

Si les polarités s’opposent, elles se permettent également d’exister mutuellement. Ainsi le principe de paix existe car nous avons expérimenter la guerre et les conflits. Si je peux éprouver la liberté, c’est parce que la notion contrainte m’est connue.

Il en est de même pour les ressentis et les émotions. Pour réellement connaître la notion de sécurité et l’apprécier, il faut avoir connu l’incertitude et l’insécurité.

Ainsi ce qui meurent, ce qui change, permet l’émergence du vivant.

La médecine chinoise est donc avant d’être une médecine, une approche naturelle de la vie et des cycles. Tenant compte des polarités certes opposées mais surtout interdépendantes et complémentaires. Ainsi, la médecine chinoise vise à harmoniser les mouvements vivants de l’humain en tenant compte de sa globalité et de son environnement.

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